De la modernité dans vos fauteuils
En lutte contre les préjugés
Inspiré des Segway, les nouveaux moyens de transports à la mode et utilisés pour se balader, l’italien Mario Vigentini a décidé d’en finir avec les préjugés en imaginant un fauteuil électrique pour les personnes à mobilité réduite, permettant une meilleure autonomie pour le quotidien.
Mario est un ancien éducateur de jeunes handicapés physiques et mentaux, avec qui il a travaillé pendant plus de 20 ans. A plusieurs reprises, témoin de situations ou de regards pleins de préjugés envers des personnes présentant un handicap. Suite à cette expérience, il s’est donné pour objectif de créer un outil leur permettant de s’intégrer plus facilement dans la société mais aussi d’améliorer leur quotidien. Après plusieurs essais, est né le « Marioway », une première étape pour faire bouger les choses. Mais créer ce petit bijou ne suffisait pas, il fallait de la patience, du travail et surtout des arguments pour convaincre. En effet, Mario s’est vu refusé plusieurs portes car la majorité des personnes à qui il présentait « Marioway » le regardait comme venu d’ailleurs et ne croyait pas du tout en son projet.
C’est en 2012 qu’une personne lui propose de s’inscrire à un concours réservé aux Start-Ups à Naples où il arrivera finaliste. Suite à ce concours, on lui a offert la possibilité de travailler sur l’ergonomie du fauteuil à l’aide d’une équipe mise à sa disposition et de la collaboration de plusieurs personnes en situation de handicap.
Mario voit son travail récompensé puisqu’en Juin 2017 le projet a été présenté aux ministres des Transports du G7 à Cagliari en Sardaigne comme un réel symbole d’innovation en matière de mobilité.
Quelle est la particularité de ce fauteuil roulant innovant ?
Dans un fauteuil roulant traditionnel, la personne « se trouve dans une posture où tous les angles sont fermés. Les organes de la partie haute du tronc sont compressés » et « la quasi-totalité du poids repose sur l’ischion (os du bassin) ». C’est donc à partir de cette observation qu’a démarré le travail de Mario. Selon lui, «la position imposée par ces fauteuils aggraverait les pathologies des personnes handicapées et en créerait même de nouvelles, particulièrement sur les plans urinaires, circulatoires, digestifs, et respiratoires. L’atrophie musculaire des jambes est également favorisée dans ce genre de position.»
Avec son « Marioway », il souhaite faire exactement le contraire. «Le tronc est redressé et tous les angles sont ouverts offrant alors une mobilité maximale. » Ses avantages ? Il se guide sans les mains, il est plus fonctionnel et adapté et donc plus confortable. En effet, le pilotage du fauteuil est très intuitif grâce à ses capteurs de position du corps. Il suffit de bouger légèrement le tronc vers l’avant pour que « Marioway » avance un peu. Même principe pour aller en arrière, tout comme le Segway aujourd’hui. Pour se déplacer à gauche ou à droite, il suffit de bouger le bassin dans la direction souhaitée.
Le fauteuil présente une assise plus haute que les fauteuils classiques, permettant à chacun d’être à la hauteur des personnes valides et leur facilitant les tâches du quotidien comme ouvrir une porte, commander à manger au comptoir d’un restaurant, atteindre une étagère un peu haute ou encore jouer au basket-ball !
L’équipe de Mario a beaucoup travaillé sur le design du fauteuil à l’aide d’une entreprise pour améliorer ce visuel qui n’avait encore jamais évolué en près d’un siècle. Le résultat de ce superbe travail a tout de même un coût : 19 300 euros actuellement, sachant que le prix d’un fauteuil roulant électrique est compris entre 1500 euros, pour un fauteuil très basique, et 30 000 euros. L’équipe a pour objectif de baisser le prix autour des 10 000 euros très prochainement.
Mario aimerait faire de « Marioway » un nouveau moyen de transport dans les villes aussi bien pour les valides que pour les personnes à mobilité réduite, gommant ainsi les différences et les préjugés.




